1989

Changement de cap pour cette 4ème édition : le festival change de nom, pour s’appeler dorénavant le Festival international du Film Francophone de Namur, et il devient compétitif ! Pas moins de 4 jurys sont mis en place… Le jury officiel est présidé par la cinéaste suisse Patricia Plattner. Il choisit de sacrer « Baptême » de René Feret (France), et distingue un jeune réalisateur dont la carrière à venir ne fera que confirmer les espoirs placés en lui. « Un monde sans pitié » d’Eric Rochant reçoit le Prix de la meilleure première œuvre, et met en lumière un jeune acteur qui deviendra un fidèle du FIFF, Hyppolyte Girardot

Au programme…

« Haïtian Corner » de Raoul Peck (Haïti), « La fille de quinze ans » de Jacques Doillon (France), « Bal Poussière » de Henri Duparc (Côte d’Ivoire), « Jésus de Montréal » de Denis Arcand (Québec), « La vie et rien d'autre » de Bertrand Tavernier (France), « Monsieur Hire » de Patrice Leconte (France), « Radio Corbeau » de Yves Boisset (France), « Yaaba » de Idrissa Ouedraogo (Burkina Faso), « Piano Panier » de Patricia Plattner (Suisse), « Un monde sans pitié » de Eric Rochant (France)…

Ils nous l'ont raconté...

Christian Verbert, Commissaire européen de la SODEC

C’est la faute à Jean Louis Close ! Voilà un point de réglé ! C’est de sa faute si au Québec, Namur est devenu un nom connu dans le domaine du cinéma et si la ville de Namur a été découverte par le Québec il y a de cela 25 ans. Et il a bien fait de nous faire découvrir Namur est ses nombreux attraits !

La première année je n’ai pas répondu présent à l’appel de Jean Louis. Un nouveau festival, dans une ville peu ou pas connue au Québec…pourquoi faire ? La deuxième année j’y étais mais à l’époque (pour les jeunes lecteurs nous parlerons d’époque) il n’y avait pas de GSM, pas de Thalys entre Paris et Bruxelles et pas de vols Montréal Bruxelles ! Donc nous arrivions à Charles de Gaule. Me voilà à la descende de l’avion après huit heures de vol et accueilli par une charmante jeune femme qui me dit être mon chauffeur ! Déjà je trouve que Namur fait bien les choses. La voiture, me dit-t-elle, attend à la porte de l’aéroport… je la suis bien volontiers. Mais plus de voiture ! Le terminal A est rond et nous faisons donc le tour avec ma valise et pas de voiture et la charmante jeune femme est de plus en plus inquiète. (J’apprendrais plus tard que c’est sa première mission et qu’on lui a dit de bien faire attention à moi). Je traîne toujours ma valise et nous apprenons par un charmant policier français (c’est rare) que la voiture était en stationnement illégal et que donc elle est à la fourrière de l’aéroport !

Nous voilà dans un petit car qui fait le tour de l’aéroport et nous dépose environ 30 minutes après à la fourrière ! Toujours l’accueil charmant parisien qui vous met à l’aise. Oui la voiture est là et pour la récupérer c’est 500 francs français ! (Pour les jeunes lecteurs, avant l’euro il y avait des francs français et les cartes de crédit à cette époque n’étaient pas chose courante). Ma charmante accompagnatrice n’a pas sur elle 500 francs français ! Elle n’a que des francs belges ! Toujours à cette époque, vu la rareté des cartes de crédit, nous avions l’habitude de voyager avec des chèques de voyage ! J’en ai sur moi mais en $. Il nous faut donc retourner à l’aéroport changer mes chèques de voyage, mais le car n’est plus là et c’est donc assis dans la remorqueuse de la fourrière que je retourne seul vers l’aéroport. Mon accompagnatrice est restée seule avec ma valise et le gardien et son chien de la fourrière…Vais-je la retrouver et n’oubliez pas chers lecteurs qu’il n’y a pas de GSM ! Drame ! Une heure après je reviens triomphant avec le 500 francs français et je libère l’accompagnatrice et la voiture !

Nous voilà en route et une telle aventure et les trois heures de route qui nous restent à faire, avec mon décalage horaire de huit heures, nous poussent à discuter et pour finir d’en rire et même rire beaucoup… Comme c’est la première mission de ma charmante accompagnatrice, je comprends vite qu’elle ne connaît pas très bien la route et encore pour nos jeunes lecteurs, le GPS n’existe pas ! Et c’est ainsi qu’après de nombreux rires nous sommes arrivés …à Eghezée ! Je pense dit-t-elle que j’ai pris une mauvaise sortie ! Mais nous voilà sauvés puisqu’au bord de la route il y avait trois personnes qui discutaient autour d’un camion chargé d’un tracteur. Elle est partie se renseigner mon accompagnatrice et est revenue en pleurant de rire, les trois personnes ne parlaient que l’allemand et se rendaient à une foire agricole...

Mais enfin après bien des kilomètres nous sommes arrivés à Namur au Château. Nous étions attendu de pied ferme par le directeur du festival qui semblait s’inquiéter ! C’était mon premier contact avec Namur ! J’ai découvert le château, sa piscine, ses caves normalement interdites, les nuits du château, le Temps des cerises, l’eau de Viella ferme blanche et une soirée québécoise mémorable et j’ai retrouvé Jean Louis à la soirée j’en garde un beau souvenir et des photos ! Et puis l’équipe des chauffeurs ! Ah oui j’oubliais, il y avait aussi du cinéma à Namur ! Mais travailler dans un tel contexte quel charme !

Namur ce fut aussi pour moi le début d’une amitié solide avec Thérèse et Claude et c’est ainsi que pour finir à cause de Jean Louis, Thérèse et Claude que l’on aime tellement Namur que l’on achète une maison proche de Namur et qu’on se dit que la vie est bien faite. Merci Francis et Jacqueline et Joyeux anniversaire !

P.S.: Si vous êtes très gentils je pourrais vous montrer les photos et vous racontez d’autres belles histoires sur Namur et le FIFF…

NDLR: La charmante jeune femme dont parle Christian Verbert n'est autre que Sophie Verhoest, aujorud'hui responsable du FIFF Campus! Elle nous précise d'ailleurs que si elle connaissait parfaitement le chemin, l'ambiance était tellement aux rires que le volant a fourché!

  

Emmanuelle Béart, Anouk Grinberg, Hyppolyte Girardot

2013 © Festival International du Film Francophone de Namur

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