1995

Cette 10ème édition est un cru exceptionnel pour les chasseurs d’autographes : Jean Reno, Charlotte Rampling, Olivier Martinez, et cerise sur le gâteau, la venue improvisée d’Alain Delon, de passage dans la région. On a connu pire 10ème anniversaire ! La sélection, qui regroupe la crème du cinéma français des années 90 (de Sautet à Rappeneau en passant par Guedigian, Laetitia Masson ou Anne Fontaine), rend un hommage émouvant au réalisateur sénégalais Sembène Ousmane. Alors que Malik Chibane s’arroge les faveurs du jury présidé par le comédien français Daniel Ceccaldi avec « Douce France », évocation douce-amère d’une France métissée, une jeune actrice presque inconnue au bataillon remporte le Bayard de la meilleure comédienne. Dans « Adultère, mode d’emploi » de la réalisatrice suisse Christine Pascal, Karin Viard a trouvé un rôle à sa (dé)mesure…

Au programme…

« A la vie, à la mort » de Robert Guediguian (France), « Adultère mode d'emploi » de Christine Pascal (Suisse), « Augustin » d'Anne Fontaine (France), « Douce France » de Malik Chibane (France/Algérie), « En avoir (ou pas ) » de Laetitia Masson (France), « L'Enfant noir » de Laurent Chevallier (France-Guinée), « Le Hussard sur le toit » de Jean-Paul Rappeneau (France), « Liste noire » de Jean-Marc Vallee (Québec), « Nelly et Monsieur Arnaud » de Claude Sautet (France), « Cyrano de Bergerac » de Jean-Paul Rappeneau (France ), « Farinelli » de Gerard Corbiau (Belgique/Italie), « Guimba, un tyran, une époque » de Cheik Oumar Sissoko (Mali).

Ils nous l'ont raconté...

Alain Botarelli, distributeur (Suisse)

Pour le 10e anniversaire du FIFF en 1995, la direction m’avait demandé d’écrire un petit texte pour le catalogue spécial, en voici un extrait : « La Belgique et la Suisse se ressemblent beaucoup. Bon d’accord, nous avons des montagnes, mais vous avez la mer; vous avez un roi, nous sommes une vieille république; vous avez les frites, nous avons le Gruyère. Par contre, de chaque côté de la France, la Suisse comme la Belgique sont de petits pays, encore divisés par des cultures et des langues différentes et nous nous partageons le chocolat, les septantes et les nonantes. Alors au Festival international du film francophone, j’y reviens, je me sens un peu chez moi » Quand je lisais ces derniers temps dans les journaux que la Belgique était en danger, je me suis dit que l’on pourrait peut-être en accueillir une partie, comme ça nous aurions la mer. On m’a alors dit que ce n’était pas les francophones qui avaient la mer… Caramba encore raté…!

Cette même année, le soir de la remise des prix dans l’église désacralisée, Alain Delon était présent, entouré de nombreux gardes du corps au regard noir, c’était bizarre, que risquait-il? J’avais oublié l’entartreur, qui n’est même pas venu. Dommage Delon l’aurait bien mérité.

Karine Viard avait reçu le prix de la meilleure actrice (c’était alors une débutante) pour son rôle dans le film de Christine Pascal (paix à son âme) Adultère mode d’emploi. Moussa Touré, alors déjà habitué du festival, devait remettre le prix à Karine Viard. Il était très, très, très content : à la meilleure actrice. Je ne te dis pas sa déception quand, c’est moi, comme représentant du cinéma suisse, qui suis venu chercher le Bayard. Très, très, très déçu, manifestement je ne suis pas son genre.

Disons aussi que chaque Bayard que j’ai ramené en Suisse (3 ou 4) m’ont explosé quelques chemises dans la valise : lourd et plein de pointes, le trophée est dangereux pour qui s’en approche trop. 

  

Alain Delon, Jean Reno, Sembène Ousmane

 

Charlotte Rampling, Marion Cotillard, Anna Karina

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