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Billet 4 - Atelier sur la production - 09/01/2009 (CFB)

Le 9 janvier dernier, de nombreux professionnels se sont réunis autour de la table lors d'un atelier pour parler de la production du cinéma belge francophone. Vous trouverez ci-dessous les grandes lignes de la discussion. Les actes complets sont téléchargeables en bas de page.

La production : les grandes lignes

Etaient présents :

Denis Delcampe, Aurore Engelen, Barbara Firquet, Eric Franssen, Nicole Gillet, Philippe Kauffmann, Catherine Lemaire, Olivier Meyvaert, Delphine Mougenot, Bruno Parent, Bruno Plantin-Carrenard, Vincent Tavier, Thierry Vandersanden, Arlette Zylberberg.

La demande des producteurs présents est d'avoir un retour décomplexé du reste de la profession pour savoir comment avancer. L'intérêt de cette rencontre c'est de confronter les producteurs à l'avis des autres professionnels, c'est de les mettre sur la sellette, de savoir ce que les distributeurs, les exploitants, les éditeurs DVD, ... pensent vraiment des films belges.

Postulats

1er postulat : Liberté de création.

Le producteur ne doit pas faire ses films avec comme idée première la façon dont on va pouvoir les intégrer au marché. Certes, on doit avoir à l'esprit leur absorbabilité par le marché pour mieux les vendre, mais ça ne doit pas être un moteur.
A la question : « Est-ce intéressant de produire pour le marché ? », il faut répondre que c'est une dérive perverse, car le cinéma est une économie de prototype, il n'y a pas de recette miracle. On est ici dans un casino, il faut jouer pour gagner.
Il ne faut donc pas adapter les films au marché, mais les y insérer. Personne ne cherche à intervenir dans le geste créateur car l'acte artistique doit rester de l'ordre de la relation entre le producteur et le réalisateur.

2ème postulat : Liberté éditoriale

Ce n'est pas parce qu'un film est belge qu'il faut obligatoirement le sortir en salle.
L'exploitant, le distributeur, le diffuseur doivent conserver le droit de refuser de montrer un film. En effet, si ces derniers acceptent de ne pas parasiter l'art au nom du commerce, les producteurs doivent aussi accepter que les autres maillons de la chaîne puissent conserver leur liberté éditoriale.

3ème postulat : Qu'est-ce que le succès ?

Il faut relativiser la notion de succès. On oeuvre depuis des années pour développer un cinéma d'auteur cohérent, et les résultats en festivals et à l'international nous donnent raison.
Evidemment, chaque producteur souhaite que ses films soient des comètes du box-office, mais la vraie question, c'est de savoir où le producteur place son seuil de satisfaction ? Tout dépend de l'investissement, bien sûr, mais sur des « petits » projets au budget limité, on sait ce à quoi on peut légitimement s'attendre, et toute entrée supplémentaire vient en bonus. Si un film fait 10.000 entrées, qu'il est sélectionné dans 40 festivals, et/ou vendu dans 20 pays, le producteur ne devrait-il pas être satisfait ?
D'ailleurs, à ce niveau, les flamands nous envient. Ils ont la réussite commerciale, mais pas la reconnaissance critique et internationale.

4ème postulat : Le manque de promotion

Il faut cesser de concentrer tous les moyens financiers sur la production, et être attentifs aux relais de communication choisis. On est confronté à une déflation de la communication sous prétexte que l'on est dans une économie de prototype, alors que plus un produit est atypique (et c'est le cas du cinéma belge), plus il a besoin de promotion, de soutien à la distribution et à l'exploitation. Il y a trop peu de moyens pour la promotion en Belgique francophone. Les films arrivent dans les salles sans être connus du public. Il n'y a ni buzz, ni presse, ni publicité.

« 1ères pistes de travail » 

  • professionnalisation de la récolte des chiffres grâce à la création d'un organisme officiel qui comptabilise les entrées film par film à l'échelle nationale .
  • professionnalisation de la communication : développer un chaînon manquant (au sein de la CFB) entre le producteur et le distributeur pour notamment synchroniser les sorties des films belges et pour s'investir en amont sur la promotion des films.
  • utilisation des chaines de télévision communautaires (en terme de promotion, de diffusion d'émission, de débats, d'informations sur les films).
  • réflexion sur la promotion et à l'attribution par la RMB des spots radios et TV engagés par la RTBF (création d'un groupe de travail ayant pour but une concertation entre la RMB et la RTBF)
  • questionnement sur le label et l'identification nationale
  • nécessité de l'éducation au cinéma

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desgenettes - 12/03/2009 17:07

la bonne recette

Bonjour et merci de me donner la parole. Le constat n'est plus à faire quand au succès des films Belges c.a.d produit, dirigés et joués majoritairement par des Belges en Belgique. Or, aucuns de ces ingrédients n'implique un manque de succès; nous avons de bons producteurs et leurs euros sont les mêmes dans toutes l'europe; nous avons de bons réalisateurs et leurs techniques sont semblables à celles pratiquées alleurs et même inovatrices parfois (cowboy de B. Mariage); nous avons de bons acteurs que l'on nous demande même en France et ailleur; alors, où devrait se situer le problème ? Sans doute en partie comme l'a développé votre atelier, sur la technique de difusion, sa promotion et sa stratégie marketing mais outre ces aspects technico-financiers, je pense en tant que scénariste qu'un bon film est d'abord une bonne histoire, de bons acteurs et un bon réalisateur mais à la base, il faut une bonne histoire; Samedi dernier, lors de la soirée sur les talents wallons, Dominique Jane m'a confié qu'il avait besoin de connaître le scénariste avant de le lire; ouf, maintenant il me connait mais qu'en est-il des autres ?... Il est si difficile d'être lu aujourd'hui que l'on soit bon où non d'ailleurs et mauvais je ne le suis pas puisque Olivier Gourmet apprécie mon travail mais si avoir un acteur vedette avec soi n'est pas suffisant pour titiller les producteurs alors je comprends mieux le désarois dans lequel notre cinéma se trouve aujourd'hui. Vous savez, à Hollywood, si quelqu'un fait du cinéma d'auteur qui rapporte on lui dit ok sinon "va filmer ta famille". Un bon cinéma doit combiner l'apect artistique original et créatif tout en se pliant aux aspects financiers et, dès le départ, le scénario doit combiner les deux pour être crédible; Une vedette ne suffisant pas, j'écris actuellement pour Ben et Bouli sur un sujet ayant fait l'objet d'une publication et parrainé par Benoît Mariage; Avec de tels professionnels, la moyonnaise risque de prendre et même si ce n'est pas garanti, mieux vaut mettre les trois ingrédients de son côté : histoire/réalisateur/acteurs et tabler sur le trio gagnant !
Ma conclusion est que les producteurs doivent avant tout travailler sur la qualité des partenaires formant la base de leurs produits et ensuite sur leur promotion qui, bien fondée, se développera d'elle-même.

Michael - 24/03/2009 15:18

L'histoire de base

Pour poursuivre la pensée de Desgenettes, il ne serait inutile de bien regarder la prémisse de base d'un film avant de se lancer dans une production qui prend 3-4 ans. On a parfois l'impression que trop de films se font sur la réputation d'untel qui est dedans. Or, la prémisse servira de base pour la promo par la suite. Autant que ce soit une solide!

Par ailleurs, « Est-ce intéressant de produire pour le marché ? ». Honnêtement, avons-nous le choix de contrarier le marché? Y a t-il vraiment assez de place pour faire des films hors-cadre?


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