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Benjamin Siksou

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Vous êtes venu au FIFF l'année dernière à l'occasion du film Villeperdue, lauréat du Bayard du Meilleur court métrage.
Quel souvenir gardez-vous du Festival ?


Villeperdue est un film qui me tient vraiment à coeur. Ce qui s'est passé ici l'année dernière est inoubliable. J'en garde un très très bon souvenir.
En plus, il y a une très bonne ambiance au FIFF.

Avez-vous l’habitude d’être juré dans des festivals de cinéma ?

C'est déjà arrivé que je participe à des jurys. mais je fais en sorte de faire le faire trop souvent car quand on est juré, on n'a pas le temps de travailler à côté. C'est bien donc que ce soient de petites parenthèses, des pauses.

Comment envisagez-vous ce rôle ?

Ce n'est pas évident, surtout quand on sait à quel point ça peut être décisif et primordial de recevoir un prix. Je ne prends vraiment pas ça à la légère, je trouve que c'est une lourde responsabilité. Un jugement par-rapport à une oeuvre n'est jamais objectif, c'est forcément basé sur un ressenti personnel. C'est pour ça qu'il y a quelque chose de dérisoire dans les classements et les prix. Pourtant, on est toujours ramené à ça et c'est grâce à ça qu'on entend parler d'oeuvres. Les prix permettent vraiment de faire émerger des oeuvres.

Quels sont les films qui ont particulièrement marqué votre enfance ?

J'ai découvert la musique par le cinéma avec des comédies musicales telles que Les Blues Brothers de John Landis. Ce film possède toute une palette de musiques noires américaines qui m'a donné envie de commencer à chanter. Un film comme Sister Act d'Emile Ardolino, par exemple, m'a vraiment fait rêver. Je me souviens aussi très fort des films de Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui. Une air de famille et Cuisine et dépendances m'ont complètement bouleversé par ce que qu'ils racontaient, par leur humour et leur intelligence du rire. Répulsion de Roman Polanski m'a également beaucoup marqué quand j'étais ado. Durant mes études de cinéma, j'ai vraiment travaillé l'analyse de ce film, la façon de filmer de Roman Polanski et sa mise en scène. Plus tard, j'ai découvert le film de Roy Andersson, Nous, les vivants, qui m'a complètement fasciné. C'est un réalisateur suédois dont le style et l'esthétique est extrêmement reconnaissable, La plupart du temps, il tourne des plans fixes avec des lignes très dessinées. Ces films sont très théâtraux car ce sont les personnages qui font le mouvement. C'est, à la fois, burlesque, drôle, grinçant et, en même temps, d'une tristesse infinie. Roy Andersson pointe des problèmes sociaux, des problèmes de société et traite de l'humanité et de l'inhumanité des hommes. Son cinéma est bouleversant !

Y a-t-il des rôles que vous rêvez d'interpréter ?

Moi ce qui me fait rêver au cinéma, c'est la rencontre avec un metteur en scène. Comment il va me transfigurer à travers un rôle.
Il n'y a pas un rôle en particulier (un flic, un fou, une femme, etc.) que je rêve d'interpréter. Je conçois l'acteur dans le couple qu'il forme avec le metteur en scène et ses partenaires. Au cinéma, le metteur en scène t'emmène quelque part, à un endroit où tu ne serais pas aller tout seul. J'ai vécu avec des metteurs en scène différents qui m'ont fait jouer très différemment et j'ai vu des acteurs et actrices à l'écran qui, en travaillant avec un certain metteur en scène, étaient complètement transfigurés. C'est ce que je trouve le plus fascinant.

De quand date votre premier souvenir face à une caméra ?

Face caméra, ça devait être dans un court métrage. Sinon, j'ai passé aussi beaucoup de castings et d'essais avant de décrocher mes premiers rôles dans Largo Winch de Jérôme Salle et 15 ans et demi de François Desagnat et Thomas Sorriaux. A l'époque, je devais avoir 19-20 ans.
J'ai toujours eu une volonté de faire du cinéma, mais je n'osais pas en faire malgré mon envie. Pour la musique, c'est à été différent. Ca m'a paru beaucoup plus évident, je ne me suis pas vraiment posé de questions. Pour chanter, on n'a pas besoin d'autrui, c'est quelque chose de très intérieur, très personnel, on peut chanter tout seul et n'importe où. Quand on chante, même si on part de sa voix parlée, il y quelque chose de l'ordre du travestissement. En plus quand une porte une guitare, c'est comme si on avait une sorte de rempart.
Jouer nécessite de suivre des cours et d'aller vers les autres. Ce cap-là, je ne l'ai pas franchi en étant jeune.
Comme dans la comédie, ce n'est pas moi qui écrit les textes, je suis davatange dans de la pure interprétation, je dois plus me faire violence.

Vous souvenez-vous de la première fois que vous vous êtes retrouvé derrière une caméra ?

C'était dans le cadre du bac. J'étais en option cinéma et je filmais un film avec mes amis : Le Dîner. J'aime beaucoup ce film d'ailleurs, je le trouve très drôle. C'est l'histoire d'amis qui ne se sont pas vus depuis longtemps et qui se retrouvent. Ils sont tous très excités à l'idée de se retrouver, mais leur retrouvaille va très très très mal se passer !

Continuez-vous à vous rendre régulièrement dans les salles de cinéma ?

Ah oui, vraiment. Ce sont les films qui m'interpellent, je n'ai pas le réflexe des séries, Il m'arrive de regarder des films sur mon ordinateur, mais j'adore vraiment visionner des films en salle. Il y a un côté "refuge" dans une salle de cinéma, il y a quelque chose de très rassurant comme dans un musée. Quand on entre dans une salle de cinéma, c'est comme si on s'apprêtait à faire un voyage.

Quel est le film sorti en 2017 qui vous a le plus marqué ?

Je me souviens avoir trouvé remarcable un documentaire de Jean-Stéphane Bron qui s'appelle L'Opéra. C'est sur l'Opéra Garnier à Paris. Ce film est un bijou, il est fait d'une manière magnifique ! J'adore les documentaires qui montrent la réalité et qui, en même temps, sont dans quelque chose d'esthétique, de magnifique. Il y a une force, du suspens dans ce film, en plus de la musique. C'est du grand cinéma !

Quels sont vos projets dans les semaines et mois à venir ?

 Je vais commencer la tournée de mon dernier album, Le Chant du coq, à partir du mois de novembre.