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Interview de Sandrine Bonnaire

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Sandrine Bonnaire décroche son premier rôle au cinéma en 1983 dans A nos amours de Maurice Pialat et obtient, à dix-sept ans, le César du meilleur espoir féminin. En 1985, elle joue sous la direction d’Agnès Varda dans Sans toit ni loi. Son interprétation d’une jeune sans abri lui vaut de remporter le César de la meilleure actrice. Une ascension fulgurante pour cette comédienne promise à une solide carrière. De Patrice Leconte (Monsieur Hire, Confidences trop intimes) à Jacques Rivette (Jeanne la Pucelle, Secret défense) en passant par Claude Chabrol (La Cérémonie, Au cœur du mensonge) ou Claude Lelouch (Salaud, on t’aime), elle tourne avec les plus grands réalisateurs français. En 2007, Sandrine Bonnaire se met à la réalisation et présente Elle s’appelle Sabine, un documentaire sur le syndrome d’Asperger, récompensé par le Prix de la Critique internationale à Cannes ainsi que par le Prix du public et le Prix spécial du Jury au FIFF. Elle est à l’affiche, en 2016, de Le ciel attendra de Marie-Castille Mention-Schaar, un film dramatique sur la radicalisation express sur internet.

Vous êtes venue au FIFF à plusieurs reprises, notamment comme Coup de Cœur en 2011.

Oui, j’y avais auparavant présenté Elle s’appelle Sabine. J’avais d’ailleurs remporté le Prix du public et du jury. Je suis revenue pour présenter J’enrage de son absence

Qu’est-ce qui vous plaît dans le festival et dans sa programmation ?

Déjà, la Belgique me plaît. J’aime beaucoup ce pays. En ce qui concerne la programmation du festival, ça dépend des années. Ce qui me plaît c’est surtout qu’il y a un choix très large et l’ambiance est plutôt sympathique. J’étais d’ailleurs très contente de venir cette année parce que j’aime beaucoup Bouli Lanners. Je l’ai recroisé cet été quand j’étais au festival de Cabourg. Il m’avait proposé un rôle dans son film, Les premiers, les derniers, mais quand il a changé les dates de son tournage, je n’étais plus libre. Je l’ai regretté parce que j’adore ses films. Quand on s’est vu à Cabourg, il m’a dit qu’il allait présider le Jury long métrage du FIFF et m’a demandé si je voulais venir.

Vous avez déjà été jurée dans différents festivals.

Oui, j’ai été jurée dans toutes sortes de festivals. J’ai présidé et été membre du festival de Deauville,  j’ai présidé le festival d’Angers, celui de Saint Jean de Luz, celui de Beaune… J’ai aussi fait partie du jury à Venise. J’en ai fait pas mal.

Est-ce un rôle que vous appréhendez ?

Je n’ai pas d’appréhension. Pour moi, c’est assez instinctif. Dans un festival, il y a souvent un film qui se démarque des autres.

A quoi accordez-vous le plus d’importance lorsque vous visionnez un film ?

A tout. Et, en même temps, j’ai envie de me laisser emporter en tant que spectatrice. Moins j’analyse le film, plus c’est réussi. Il me faut de l’émotion, il faut que je sois prise par l’histoire et par le jeu des acteurs. J’essaie de donner mon jugement de spectatrice, plus que de comédienne ou de réalisatrice. Dès qu’on commence à décortiquer un film, c’est qu’on n’est déjà plus dedans.

Quel est votre film culte ?

Je n’en ai pas précisément. Il y a plein de films que j’aime.

Que film auriez-vous rêvé de réaliser ?

Je ne me pose pas ce genre de question.

Quel film conseilleriez-vous à quelqu’un qui veut découvrir le cinéma francophone ?

Il y a plein de bonnes choses partout. En Belgique, vous avez, par-exemple, les frères Dardenne qui sont très talentueux. Vous avez plein de bons metteurs en scène comme Bouli Lanners, Benoît Mariage, Joachim Lafosse… Tous ces gens-là, je les conseillerais. Là, je parle des plus connus, mais il y en a plein que je ne connais pas. En France, il y a aussi énormément de cinéastes, donc il  est difficile de n’en conseiller qu’un seul. Et puis, il y a plein de manières de faire du cinéma, plein de sujets différents à traiter.

Vous rappelez-vous de la première fois que vous vous êtes retrouvée devant une caméra ?

Oui. C’était en tant que figurante dans La Boum. Mais quand on est figurant, on n’est pas complètement devant la caméra. On vous place vaguement en arrière-plan. La réelle première fois c’était forcément dans A nos amours.

 Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire du cinéma ?

J’avais accompagné une de mes sœurs qui avait répondu à une annonce dans le journal. Elle-même ne rêvait pas forcément de faire du cinéma, mais elle voulait se faire de l’argent de poche et elle a envoyé ses coordonnées. Elle a été sélectionnée parmi un groupe de filles et m’a demandé de l’accompagner. Et c’est moi qui été choisie.

Interview réalisée par Hélène Lambert