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Samuel Theis

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  • C’est la toute première fois que vous venez au Festival du Film de Namur.
    Quels échos avez-vous eu du FIFF ?

Je connais le coordonateur de la programmation du FIFF, Hervé Le Phuez, que j’ai rencontré à l’occasion de festivals dont ceux  d’Angers et de Cannes.
J’avais eu de très bons échos du FIFF, mais je n’avais pas encore eu la chance d’y venir avant cette année. 

  • Avez-vous déjà eu l’occasion d’être juré dans des festivals de cinéma ?

Je participe régulièrement à des jurys. Du moins quand j’ai le temps, parce que c’est un rôle auquel il faut se consacrer totalement. L’année dernière, j’ai été juré au BSFF à Bruxelles. Quand j’ai l’occasion de prendre part à des jurys, je le fais avec plaisir.

  • Comment envisagez-vous votre rôle de juré ?

Je prends évidemment ce rôle au sérieux. Au-delà de la dotation, c’est une façon de récompenser des cinéastes, mais aussi de souligner et approuver une prise de risque, un geste d’audace d’un réalisateur.  Le court métrage est un format intéressant en ce qu’il permet de sortir de la logique de fabrication traditionnelle et d’essayer et expérimenter des choses.

  • Y a t-il un film qui a particulièrement marqué votre enfance ?

Je viens d’une famille qui adore le cinéma, mais un cinéma mainstream, commercial. Comme il n’y avait pas de livres à la maison et que la culture n’était pas très présente, le cinéma était pour moi un moyen d’évasion. Je devais avoir 8 ans lorsque je suis allé voir mon tout premier film au cinéma : E.T. Ce film m’avait complètement retourné. J’étais en identification totale avec l’enfant du film. Je me souviens avoir pleuré des jours encore après la projection. C’était la première fois que je rentrais en contact avec le cinéma. Ce que ça a provoqué en moi était très puissant. J’ai d’ailleurs beaucoup de plaisir à revoir ce film. Quand il repasse à la télévision, je le regarde et y découvre à chaque fois de nouvelles choses. C’est vraiment un grand film !

  • Quel est le film que vous auriez rêvé réaliser ?

Il y en a plein ! J’aime bien le cinéma qui représente un certain milieu et une certaine classe sociale. J’aime beaucoup Fish Tank d’Adrea Arnold. J’aime aussi beaucoup This Is England de Shane Meadows et Gomorra de Matteo Garrone. Ces films subliment et esthétisent des milieux plus populaires. Ce sont des films sociaux qui ne s’attachent pas uniquement  au réalisme. J’aime aussi beaucoup le cinéma de John Cassavetes qui a la capacité de filmer un milieu ouvrier avec beaucoup de noblesse ainsin que les films d’Harmony Korine. Je suis un fan absolu de Gummo ! Récemment, j’ai découvert  le film d’ Alain Guiraudie Rester Vertical que j’ai vraiment trouvé très bon. C’est un film exigent, ambitieux et politique que j’aurais aimé imaginer. Ce qu’Alain Guiraudie propose est très puissant et les acteurs sont tous incroyables.

  • Quel est le rôle que vous auriez rêvé réaliser ?

C’est une question plus difficile car je ne me projette pas tellement sur des rôles en particulier. Au théâtre, c’est généralement à travers des rôles que je me révèle à moi-même. J’ai l’impression qu’on ne joue jamais un rôle par hasard. Il y a des personnages que je trouve très beaux, mais ce ne sont pas nécessairement des personnages d’hommes, ça peut aussi être des personnages de femmes. Ce sont davantage les acteurs qui me font rêver que les rôles. Je m’attache beaucoup à la nature d’un acteur, à la façon qu’il a de rentrer dans le jeu. Les acteurs spectaculaires, tapageurs dans leur jeu ne m’ont jamais vraiment intéressés. J’aime sentir que quelqu’un a un rapport simple, qu’il travaille vraiment avec ce qu’il est. C’est en cela que je trouve Jean-Louis Trintignant et Peter Folk hallucinants ! J’aime aussi des comédiens comme Roshdy Zem ou Vincent Macaigne, pour la vérité qu’il cherche dans le jeu et pour sa flamboyance.

  • De quand date votre premier souvenir devant et derrière une caméra ?

Il me semble que mon tout premier souvenir face à une caméra date des années 1980, de  l’époque des caméras VHS. Je me rappelle m’être amusé avec une caméra à la maison. Je me souviens aussi de la première fois que je me suis vu et que j’ai dû affronter mon image. Il y avait une espèce de dichotomie, de réelle différence entre l’image que j’avais de moi lorsque je regardais mon reflet dans le miroir et ce que je voyais à l’écran. La manière dont j’imaginais mon visage en mouvement et la réalité de ce que je voyais à l’image étaient très différentes. Je n’avais absolument pas l’impression de connaître le visage que je regardais C’était un peu effrayant, ça a été un moment plutôt difficile.
La première fois que je me suis retrouvé derrière la caméra, c’était à l’occasion du court métrage Forbach que j’ai réalisé en 2008. C’était une expérience très singulière parce qu’à l’époque déjà, je tournais dans la ville dans laquelle j’avais grandi et filmais des personnes de ma famille. Mon rapport à la fiction était déjà très proche du réel. Je cherchais comment détricoter la réalité à l’intérieur d’une fiction. C’est rassurant de travailler avec des choses qui sont proches de nous, tout en essayant de se porter vers un récit qui dépasse le cadre de la petite histoire intime.

  • Continuez-vous d'aller régulièrement au cinéma ?

Oui bien sûr. Je regarde aussi beaucoup de films sur mon ordinateur car j’ai un rythme de travail qui ne me permet pas forcément d’assister à des séances. Quand je ne peux pas voir un film au moment de sa sortie, je le rattrape sur mon ordinateur. Je regarde beaucoup de films la nuit. Je me couche généralement assez tard donc je peux enchaîner des films jusqu’à 4 heures du matin.

  • Parmi les films que vous avez vus en 2017, quel est celui qui vous a le plus marqué ?

120 battements par minute de Robin Campillo. Pour le moment, c’est le film le plus fort que j’ai vu cette année.

  • Quels sont vos projets pour les semaines et mois à venir ?

Cette année, j’ai tourné pas mal de films qui seront diffusés en 2018. Sinon en ce moment, je finis l’écriture de mon deuxième long métrage. Mon travail, pour ces prochaines semaines, est de terminer  une version pour le mois de novembre. Comme Party Girl, ce sera aussi un film autobiographique. Le dispositif ne sera pas exactement le même que dans mon précédent film, mais il parlera de nouveau de ma région, mon milieu et ma famille.