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Sauvegarde du Plaza Art à Mons

LE PLAZA ART DE MONS A FERMÉ SES PORTES : STUPEUR ET RÉFLEXIONS

Carte blanche publiée dans le journal Le Soir de ce 21 mars : https://goo.gl/Lza4gc

Le conseil d’administration du Plaza était au courant de la déliquescence de l’infrastructure. Il a été incapable de prendre ses responsabilités d’autant plus que la Ville de Mons est propriétaire des murs depuis quelques années.

Alors que Namur vient de rénover les cinq salles du Caméo, que Charleroi a inauguré les quatre nouvelles salles du Quai 10, et que Bruxelles voit enfin le Palace revivre… Mons voit son cinéma historique fermer ses portes. Un jour noir pour le cinéma d’auteur en Belgique francophone.
Il n’est pas inutile de rappeler que l’équipe du Plaza s’est investie sans compter dans un travail exemplaire depuis 25 ans : choix éditorial pertinent, accueil des talents, animations, liens étroits avec le monde associatif de la région, travail pédagogique avec les écoles, festivals, événementiel aux différentes facettes.
Ainsi beaucoup de personnes vont regretter la présence de cet acteur incontournable de notre communauté : les professionnels (réalisateurs, producteurs, distributeurs), les établissements scolaires de la région ainsi que tous les Montois passionnés de culture et fidèles à une offre cinématographique diversifiée.

Devant le fait accompli

Les premières victimes de cette « mésaventure » sont assurément les travailleurs de cette entreprise culturelle qui ont été mis devant le fait accompli et ont été prévenus de l’arrêt de leur activité par voie de presse. Notre étroite solidarité avec les travailleurs et le projet nous poussent aujourd’hui à dire qu’il y a des solutions alternatives pour sauver le Plaza, sans nous empêcher par ailleurs de pointer du doigt les responsables de ce séisme dans l’art et essai montois.
La Ville de Mons s’est appuyée sur un rapport défavorable des pompiers concernant la sécurité des lieux et a décidé l’arrêt de l’exploitation du cinéma. Mais l’obsolescence de l’infrastructure existait depuis belle lurette. Les pompiers ne sont pas de méchantes fées Carabosse qui tombent du ciel pour néantiser les salles de spectacle. Ils ont l’habitude de travailler en étroite collaboration avec la sécurité des bâtiments publics. Et en amont, ils inspectent et donnent leurs avis, injonctions, recommandations…
Les responsables du Plaza (son conseil d’administration) étaient au courant de la déliquescence de leur infrastructure. Ils ont été incapables d’anticiper et de prendre leurs responsabilités. Depuis 2014 (rapport des pompiers), ils avaient largement le temps de proposer et de prendre des initiatives pour trouver des solutions. Et ceci d’autant plus que la Ville (via Mons Rénovation, filiale de la régie communale autonome) est propriétaire des murs depuis quelques années, ce qui est un geste essentiel et un très grand pas vers l’autonomie publique du Plaza.

Des alternatives publiques

Faire appel aux capitaux privés (purs et durs) n’est en aucun cas une solution car il n’y a aucun dénominateur commun entre les finalités lucratives recherchées par un investisseur privé et par une salle d’Art & Essai. Des alternatives publiques existent pour mettre en conformité l’installation cinématographique et la confier à l’expertise de ceux qui ont veillé à son rayonnement pendant 25 ans.
Une première certitude : les travailleurs doivent être les artisans de l’avenir du Plaza Art. Ce sont eux qui donneront les meilleures pistes à explorer pour remettre leur cinéma sur pied. Ce sont les travailleurs culturels qui doivent prendre en mains la gestion de ce lieu et de cet outil…
Pour trouver les fonds nécessaires aux projets qui seront mis sur la table, les possibilités sont nombreuses. Du côté des fonds et invests publics, d’abord. Pourquoi ne pas utiliser le Fond start – invest1 dont les actionnaires sont les régions et la Fédération Wallonie-Bruxelles, et dont l’objet est le soutien aux investissements dans la culture ? Pourquoi ne pas solliciter Wallimage Entreprise2 pour soutenir les investissements nécessaires ? Pourquoi ne pas faire appel ni avoir fait appel aux aides d’infrastructures de la Fédération Wallonie Bruxelles ? Malheureusement, aucune de ces trois portes n’a été vraiment ouverte jusqu’ici… Signe encore du manque de proactivité du conseil d’administration montois…
Les Villes peuvent également permettre aux alternatives culturelles d’exister sur leur territoire. Citons l’exemple des villes de Namur ou de Charleroi qui ont largement investi dans leurs salles de cinéma (Namur via la Régie communale et avec une partie d’investissements – projection et caisse – de l’exploitant ; Charleroi sur ses fonds propres et avec des aides européennes Feder).

Les spectateurs ont un rôle

Enfin, une autre piste à explorer est à chercher du côté de celles et ceux qui font vivre le Plaza Art au quotidien, qu’ils soient des cinéphiles assidus, des amateurs en herbe, des visiteurs d’un soir, des parents d’enfants du maternel, du primaire, du secondaire, des partenaires associatifs, des curieux… Le succès des appels à obligations lancés par les opérateurs pour le Caméo à Namur ou le Quai 10 à Charleroi le montrent : les spectateurs montois peuvent jouer un rôle dans l’histoire de leur cinéma, dont ils ne voudront sûrement pas être amputés.
C’est pourquoi il faut souligner que la première urgence est de maintenir l’activité cinéma et tout ce qu’il y a autour, pendant les travaux. Ne laissons pas les acteurs qui gravitent autour du Plaza Art perdre leurs bonnes habitudes. Charleroi a maintenu l’exploitation de sa salle historique alors que le chantier de ses futures salles battait le pavé, Namur a animé un Caméo nomade pendant les travaux de rénovation du Caméo. Garder les liens avec les différents publics est essentiel pour ne pas repartir d’une page blanche lors de la réouverture !
Les signataires de cette carte blanche sont prêts à apporter leur soutien au profit des travailleurs du Plaza Art, dans la recherche de solutions alternatives, pour que Mons conserve son cinéma authentique au cœur de la ville.

Les premiers signataires :

Stéphane Aubier - réalisateur
Mathieu Bakolas et l’équipe du Quai 10 - cinéma art et essai - Charleroi
Lucas Belvaux - réalisateur
Jérôme Branders et l’équipe du Cinéma Aventure - cinéma art et essai - Bruxelles
Gwenaël Breës et l’équipe du Cinéma Nova
Olivier Bronckart - distributeur - O’brother
Jacques-Henri Bronckart - producteur - Versus production
Sophie Bruneau - réalisatrice
Géraldine Cambron et l’équipe de CinéMarche - programmation art et essai – Marche
Harry Cleven - réalisateur
Jean-Pierre et Luc Dardenne – réalisateurs
Savina Dellicour - réalisatrice
Stephan de Potter et l’équipe de Cinéart - distributeurs
Claude Diuri et l’équipe de l’Actor’s Studio
Pierre Duculot – réalisateur
Fabrice du Welz - réalisateur
Anna Falguères - réalisatrice
Frédéric Fonteyne - réalisateur
Nicole Gillet et l'équipe du Festival International du Film Francophone de Namur
L’équipe des Grignoux - Parc, Churchill, Sauvenière, Caméo, cinémas art et essai - Liège et Namur
Jean-Marie Hermand - ex-administrateur des Grignoux
Peggy Heuze et l’équipe du Vendôme – cinéma art et essai - Bruxelles
Mary Jimenez - réalisatrice Anne Kennes - Screenbox
Joachim Lafosse – réalisateur
Caroline Lamarche - écrivaine
Bouli Lanners - réalisateur
David Lambert - réalisateur
Anne Lévy-Morelle – réalisatrice Bénédicte Liénard - réalisatrice
Guillaume Malandrin – réalisateur
Benoît Mariage - réalisateur
Olivier Meys - réalisateur
Thierry Michel - réalisateur L’équipe du Parc Distribution
Christine Pireaux - productrice - Films de la Passerelle
François Pirot - réalisateur
Olivier Rey et l’équipe du Cinéma Palace - Bruxelles
Jean-Yves Roubin et l’équipe de FraKas - producteur
Joseph Rouschop et l’équipe de Tarantula - producteur
John Shank - réalisateur Vincent Solheid - réalisateur
Vincent Tavier - producteur - Panique production
Samuel Tilman - réalisateur
Guérin van de Vorst - réalisateur
Jaco Van Dormael - réalisateur