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Le petit mot des réalisateur·rice·s

La programmation des films 2020

La Caravane du Court ne laisse pas ses réalisateur·rice·s invité·e·s sans voix ! Découvrez ci-dessous leur témoignages et expérience respective !

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« J'ai eu la chance de participer à la 6ème édition de la Caravane du Court cette année avec mon court métrage, Aube.
Le court métrage est un format peu connu et difficilement accessible ; continuer à le défendre comme le fait la Caravane, en lui donnant de la visibilité, est une opportunité pour nous en tant que jeunes réalisateur·rice·s. En effet, les occasions de projeter nos films en dehors d'un festival et auprès d'un tout public sont peu nombreuses. Et pourtant, selon moi, c'est là que réside l'essence même de mon métier ; le cinéma est une expérience collective, une intimité partagée. Un film prend son sens quand il rencontre un public. Pouvoir projeter deux fois par jour nos films devant des salles diversifiées pour ensuite discuter, échanger avec les personnes présentes, c'est une vraie chance !
Cette initiative est aussi riche car elle nous donne l'occasion de se rencontrer entre réalisateur·rice·s. Notre métier nous amène souvent à travailler seul·e et pendant de longues périodes, il est donc précieux de pouvoir partager sur nos pratiques, nos envies mais aussi les difficultés auxquelles nous faisons face en tant que créateur·rice·s. Après la Caravane, j'ai d'ailleurs demandé à Thomas Vernay, le réalisateur de Miss Chazelles, présent dans la sélection, de lire le scénario de mon prochain film. Son regard avisé, ses conseils, m'ont beaucoup aidée. Ces rencontres sont donc essentielles.
Et puis, cette semaine sur les routes, c'est aussi l'occasion, grâce aux visites organisées, de découvrir la diversité de la Belgique. C'est assez surprenant de se rendre compte qu'il y a encore tant à découvrir, cela pousse à la curiosité ! »
Valentine Lapière, réalisatrice de Aube
« La Caravane du Court… Sous la légèreté du nom, la grande aventure humaine et cinématographique du FIFF.
Une aventure humaine, haute en couleur ! Car durant ces quelques jours de périple, on découvre, on partage, on rencontre les personnes qui redonnent sens à nos métiers : les spectateurs frivoles et engagés, passionnés et résolus. Résolus à voir du court métrage, ce genre discriminé, qui n’est ni un « premier » ni un « vrai » film.
Défendre ce genre c’est permettre à la culture de migrer, de sortir des sentiers battus. La Caravane redonne vie au débat, nous découvrons les questionnements que le public s’approprie et approfondissons ensemble ces sujets dans une ambiance chaleureuse et familiale. Plus encore, au cœur de cette expérience, c’est l’aboutissement d’un projet qui prend vie. Des élèves, des parents, des professeurs nous interpellent, nous questionnent sur ce qui les touche. Quelle source d’inspiration et d’émotion ! Quelle chance d’avoir cette tribune et sentir le public de si près. Concrétiser cela tous ensemble, nourrir chaque territoire de culture, transmettre partout, d’une salle des fêtes au cinéma de quartier, en passant par la salle de classe, c’est entretenir cette passion ardente qui rend nos films encore plus brûlants, plus engagés, plus forts.
La Caravane, une aventure culturelle, tout aussi passionnante ! L’occasion de découvrir ou redécouvrir le terroir et le patrimoine belges, de prendre le temps, ré-ouvrir ensemble les portes des musées, des châteaux, des brasseries même ! L’envie de revenir, d’approfondir, et d’aiguiser sans cesse notre curiosité !
Enfin, c’est l’occasion de rencontrer d’autres jeunes auteurs, d’échanger comme rarement, de lier des amitiés, partager des projets, sortir de sa zone de confort.
Participer à la Caravane, c’est l’assurance de vivre notre passion de plein fouet, au sein d’une équipe motivée et généreuse. Et pour tout ça, merci l’équipe du FIFF ! »
Adrien Berlandi, co-réalisateur de Akram
« La Caravane du Court a été pour moi, co-réalisateur du film Akram, bénéfique et pertinente sur bien des aspects. Par le choix des films tous très différents, j’y ai vu une volonté d’ouvrir des débats et de permettre des discussions autour du cinéma via des films accessibles mais complexes. J’ai personnellement été surpris de la quantité et la qualité des échanges. Les discussions m’ont semblé libérées de la timidité et la solennité qui est trop souvent présente dans les grandes salles et grands événements. La proximité avec le public provoque de vrais échanges qui permettent aux réalisateurs de révéler leurs intentions profondes, de raconter des anecdotes détaillées et répondre à des questions très précises.
La notion d’échange ne s’arrête pas à la relation public-réalisateurs, et m’est apparue comme un fil conducteur tout au long de la Caravane. Étant jeune réalisateur et encore aux études, j’ai pu échanger longuement avec d’autres jeunes cinéastes, des organisateurs et toutes sortes de personnes concernées par le cinéma que je n’aurais jamais eu l‘occasion de rencontrer en dehors de ce cadre. Malgré le fait que nous ne nous connaissions pas, la Caravane a créé, le temps d’une semaine, un collectif de jeunes représentants du milieu du cinéma qui portait une même volonté : le partage d’une passion qui fait notre métier.
La richesse de la Caravane est couronnée par un ancrage culturel local qui m’a paru très sensé et pertinent. Les visites culturelles favorisent non seulement la création du groupe et les échanges entre jeune réalisateurs, mais aussi la création d’un échange culturel à double sens entre les artistes et la région d’accueil. »
Mickey Broothaerts, co-réalisateur de Akram
« Le moment que j’ai passé lors du FIFF 2019 a été d’une telle intensité. C’est le premier festival à avoir cru en Miss Chazelles, et depuis, le film continue sa très belle carrière.
C’était donc avec un énorme plaisir que j’acceptais l’invitation de la Caravane du court 2020. Je n’y allais pas sans appréhension puisqu’il s’agissait de sillonner les routes de Belgique avec de parfaits inconnus.
Je me suis retrouvé lié à des réalisatrices et réalisateurs provenant de différents horizons avec chacun son propre caractère, ses points de vue et son humour !
La découverte de leurs travaux fut un enrichissement, mais la découverte de leur personne le fut plus encore : un gros coup de cœur.
Cette expérience unique passée dans un van était chapeautée par des personnes d’une bienveillance rare, Anaïs et Hervé, envers lesquelles j’ai une éternelle reconnaissance.
La Caravane du Court permet de présenter ce format si particulier qu’est le court métrage en allant à la rencontre du grand public belge. Parcourir les routes afin d’échanger avec les spectatrices et spectateurs provoque quelque chose d’unique. Tout le long du road trip, une relation s’installe entre nous et le public. C’est presque de l’ordre de l’intime.
Cet évènement m’a également permis de découvrir un pays dont le patrimoine est d’une forte richesse. Je n’ai pas les noms des magnifiques musées ou monuments en tête, mais ce fut un réel plaisir de découvrir tout ça.
Notre séjour a malheureusement été écourté par la pandémie alors que nous commencions à vivre cette aventure en parfaite harmonie avec le public et à développer nos esprits créatifs sous un nouvel angle grâce aux multiples découvertes.

Je souhaite de tout cœur une longue vie à la Caravane du Court. »
Thomas Vernay, réalisateur de Miss Chazelle
« Mon court métrage (Notre territoire) a été choisi pour faire partie de la dernière édition de La Caravane du Court (qui a dû malheureusement être écourtée à cause de l’épidémie de Covid-19 en mars dernier).
Début février, j’ai d’abord été très surpris, lorsqu’Hervé Le Phuez, directeur de la programmation du FIFF, m’a proposé d’inclure mon film dans l’ensemble des courts métrages projetés. Notre territoire est un film à la forme très particulière, en images Super 8 et argentiques, avec une voix off et une esthétique qui rappellent celle des films des années 60-70, qui n’avait été projeté que face à un public d’initiés, jamais lors de projections scolaires ou hors festivals.
Le fait de participer à cet événement a donc permis à un court métrage documentaire comme le mien d’aller vers un public qu’il n’aurait jamais rencontré dans son circuit de diffusion classique (festivals et VOD spécialisé). Par ailleurs, la plupart des projections affichaient un minimum de 50 personnes, ce qui a permis d’augmenter considérablement la visibilité de mon court métrage.
La réponse du public (et en particulier des jeunes) a aussi été incroyable : les projections ont toutes été suivies de débats où le public montrait un vif intérêt non seulement pour les sujets des courts métrages projetés, mais aussi pour la fabrication des films et pour les parcours de chaque réalisateur. Je trouve ce genre d’échanges extrêmement importants parce qu’il nous permet, en tant que créateurs, d’aborder des facettes de notre métier directement avec le public, en déjouant ainsi les images reçues de la pratique professionnelle du cinéma : la plupart des jeunes, mais aussi certains adultes, étaient très surpris de découvrir que les artistes doivent souvent se démener face à des réalités productives extrêmement complexes et que le développement d’un court métrage de 20 minutes peut prendre une ou plusieurs années.
Par ailleurs, les activités parallèles, comme les excursions dans les provinces de Liège, Luxembourg et Namur mises en place pour les réalisateurs, témoignent aussi d’une forte volonté d’ancrer des jeunes créateurs dans un territoire, que les participants peuvent découvrir peut-être en vue de prochaines productions, tout en se rencontrant entre eux et en faisant naître des échanges.
En définitive, je peux donc affirmer sans aucun problème que ma participation à la semaine de La Caravane du Court a été l’une des plus constructives de la vie en festivals de mon court métrage. »
Mathieu Volpe, réalisateur de Notre territoire
« A Dragon Walks into a Caravan...
Bonjour lecteur, je m’appelle Páris Cannes (je sais, c’est mon vrai nom, vous pouvez blâmer mes parents, je le fais également). Comment allez-vous ? Je suis un cinéaste brésilien, récemment diplômé de l’INSAS à Bruxelles, et j’ai eu la chance de participer à la dernière édition de la Caravane du Court, avec mon documentaire/fiction Le Dragon à deux têtes. Je suis aussi Dragon en astrologie chinoise (cinq fois), ce qui me rend incapable d’avoir des interactions froides ou impersonnelles. Si vous êtes né dans l’année du Chien ou si vous êtes Capricorne en Occident, vous me détestez probablement déjà, et c’est tout à fait normal.
Début mars 2020, juste avant que la crise pandémique ne ruine la vie et les mariages de tous, j’ai quitté Bruxelles avec un fabuleux groupe de créatures du cinéma pour participer à une série d’événements culturels dédiés à l’art du court métrage. L’itinéraire comprenait un beau mélange de lieux et de publics, allant d’étudiants adolescents (terrifiants), à des initiés (beaucoup de « nerds »), en passant par une gamme passionnante de spectateurs curieux. Ce fut une occasion intense et merveilleuse de découvrir la richesse des échanges de pensées, d’idées et du processus de réalisation avec le public et d’autres jeunes réalisateurs.
La structure qui a été mise en place pour nous accueillir était très bien pensée. Nous avons séjourné chacun dans une belle chambre d’hôtel, au cœur du paysage historique de Namur, avec tout le confort nécessaire pour reposer nos esprits effervescents et nous préparer pour les activités du lendemain. L’équipe du FIFF, dirigée par Hervé et Anaïs, a réussi à naviguer sans effort dans un planning chargé, en gardant un environnement agréable et professionnel tout au long du processus. Des projections de films et des séances de questions-réponses, des visites guidées de certains monuments culturels de 3 provinces de Belgique (les guides étaient des superstars de la comédie, vraiment), de l’art contemporain et, bien sûr, des dîners délicieux et intellectuellement intéressants. Cette Caravane du Court a été une expérience vraiment formidable et inspirante pour moi. Je viens d’un pays où les arts obtiennent à peine un soutien public et se battent de plus en plus, chaque jour, simplement pour exister. Donc, vivre dans un pays qui soutient quelque chose d’aussi spécifique que le format court, donnant la chance à de nouveaux cinéastes de présenter leur travail et de débattre de leurs idées, ce n’est pas seulement fantastique, c’est important.
Je termine ce petit résumé de mon voyage en remerciant le FIFF pour leur travail acharné dans la promotion du cinéma, leur engagement indéfectible envers l’art du cinéma et leur manière de m’accueillir sur une scène étrangère à bras ouverts. »
Páris Cannes, réalisateur de Le Dragon à deux têtes
Caravane mustii

Quelques mots de Mustii, parrain de la Caravane du Court 2020

« Il faut aller voir les courts, il faut participer à La Caravane ! Justement, on n’a pas d’autres occasions et pas d’autres endroits pour les voir malheureusement. Peut-être que ça va se développer plus en dehors des festivals. Mais ça, c’est déjà une première bonne porte à ouvrir. Découvrir des formats, découvrir des réalisateurs, des univers et des films qu’on n’a pas l’habitude de voir ailleurs. Même les cinémas ne diffusent plus vraiment de courts métrages. La Caravane permet justement de découvrir des jeunes réalisateurs, des grands réalisateurs en devenir !

Il faut encourager à fond ce genre d’événements ! Pour les réalisateurs, c’est aussi une manière de rencontrer directement les gens, de parler avec eux. Et je pense que le dialogue qui se crée est important. Le film peut vivre d’une autre manière aussi grâce à la rencontre avec le public.»